Si l’Europe célèbre ses Guardiola ou Ancelotti, la République Démocratique du Congo tient son propre stratège en la personne de Bertin Maku. Élu meilleur entraîneur du Groupe A à l’issue de la phase classique, le technicien du CS Manika vient de prouver que l’audace et la rigueur tactique peuvent renverser toutes les montagnes, même celles de l’élite.
Quand le CS Manika a rejoint l’élite cette saison, beaucoup prédisaient un apprentissage douloureux pour le promu. C’était sans compter sur la « méthode Maku ». En hissant le club à une prestigieuse 5e place du Groupe A, le technicien congolais a réalisé bien plus qu’un simple maintien : il a imposé une signature.
Finir devant des clubs historiquement installés et bousculer les cadors du championnat n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat d’une discipline de fer et d’une organisation sur le terrain qui ont fait du CS Manika l’une des équipes les plus difficiles à manœuvrer cette saison.
Dans le football, les discours s’effacent devant la réalité du tableau d’affichage. Pour Bertin Maku, les statistiques sont éloquentes. Sa distinction de Meilleur Entraîneur n’est pas qu’un titre honorifique, c’est la validation d’un parcours où chaque point a été arraché grâce à une lecture de jeu supérieure.
« Tout ce qu’il touche devient de l’or », disent les observateurs à Kolwezi.
Et pour cause, Maku possède ce don rare de transformer un collectif de promus en une machine de guerre capable de regarder les grands du pays dans les yeux. Sa capacité à maximiser le potentiel de ses joueurs, tout en restant fidèle à ses principes de jeu, fait de lui une figure incontournable du coaching moderne en RDC.
Au-delà du terrain, c’est l’aspect humain et organisationnel qui impressionne. Au CS Manika, Bertin Maku a instauré une culture de la gagne basée sur le travail et l’humilité. Cette récompense individuelle vient couronner un projet collectif où la rigueur tactique est devenue une religion.
C’est une excellente nouvelle pour le rayonnement des entraîneurs locaux qui, à l’instar de Bertin Maku, prouvent que l’expertise technique congolaise est prête à relever tous les défis, même les plus ambitieux.
Jeje Kuabi