Après l’immense exploit du match nul décroché face au Portugal de Cristiano Ronaldo (1-1), la ferveur congolaise a subi un coup de frein brutal ce mercredi 24 juin 2026 à Guadalajara. Face à une équipe de Colombie chirurgicale, les Léopards de la République démocratique du Congo se sont inclinés sur la plus petite des marges (1-0).
Si le score brut affiche une défaite logique sur le papier, une analyse approfondie et les statistiques de la rencontre révèllent des vérités bien plus complexes sur le plan tactique, mental et individuel.
- Le piège tactique du 5-3-2 : Un bloc trop bas, trop longtemps
Pour ce choc du Groupe K, le sélectionneur Sébastien Desabre avait opté pour une approche ultra-défensive en alignant un système en 5-3-2, articulé autour du capitaine Chancel Mbemba, flanqué d’Axel Tuanzebe et Steve Kapuadi dans l’axe.
- La vérité statistique : Ce schéma a cruellement privé les Léopards de ballon. La RDC a terminé la rencontre avec seulement 36 % de possession de balle, contre 64 % pour les Cafeteros.
- L’asphyxie du milieu : Privé de soutien, le trio Mukau – Moutoussamy – Kayembe a passé son temps à courir après le cuir, coupant totalement la relation avec le duo d’attaque Bakambu – Wissa, qui a vécu un match de transition stérile avant de céder leur place en seconde période.
- Le match héroïque de Lionel Mpasi a masqué les failles
Si le verrou congolais a tenu jusqu’à la 76e minute, on le doit presque exclusivement à la performance magistrale de son portier, Lionel Mpasi.
« La première mi-temps s’est terminée sur un score vierge grâce à un mur défensif et à la vigilance héroïque de Mpasi. »
Bombardé par les assauts de Luis Díaz et James Rodríguez, Mpasi a multiplié les parades de grande classe.Mais ce rôle de pompier de service traduisait une vérité plus inquiétante : la défense congolaise pliait sous des vagues continues, concédant pas moins de 540 passes totales à l’adversaire. La rupture physique et mentale était inévitable.
- Le manque de réalisme criant des remplaçants
L’autre vérité, plus douloureuse, réside dans le dernier quart d’heure. Après l’ouverture du score par le défenseur de Crystal Palace, Daniel Muñoz, à la 76e minute (un tir dévié malchanceusement par l’arrière-garde congolaise), Desabre a tout tenté en lançant ses cartouches offensives : Simon Banza, Charles Pickel et Nathanaël Mbuku.
Contre toute attente, les Colombiens ont reculé et montré des signes d’extrême fébrilité en fin de match. C’est là que le destin a basculé : Nathanaël Mbuku s’est procuré deux occasions en or massif pour égaliserdans le temps additionnel. Par manque de lucidité ou excès de précipitation, l’attaquant congolais a loupé le cadre. À ce niveau de compétition, le manque de réalisme ne pardonne pas.
La Colombie valide officiellement son ticket pour les 16es de finale avec 6 points. De son côté, le Portugal a écrasé l’Ouzbékistan (5-0), s’emparant de la deuxième place avec 4 points.
La situation des Léopards est simple, mathématique et excitante. Le prochain et dernier match de poule sera une véritable finale avant l’heure.
Équipe Points Match restant
Colombie 6 pts (Qualifiée) vs Portugal
Portugal 4 pts vs Colombie
RD Congo 1 pt vs Ouzbékistan
Ouzbékistan 0 pt vs RD Congo
Rendez-vous est pris pour le 27 juin à Atlanta. Comme l’a si bien résumé le coach Sébastien Desabre : « Un match nul ne suffira pas. Nous devons maintenant prendre des risques. » Les Léopards ont leur destin entre leurs crampons.
Jéjé KUABI
