La gestion des primes des équipes nationales d’âge, au sein du ministère des Sports et de la Fédération congolaise de football association (FECOFA), vire au scandale d’État. Entre promesses non tenues et soupçons de détournements, la situation asphyxie la relève du football congolais.
Comment expliquer qu’un ordre de mission officiel soit signé, les hôtels réglés, les billets d’avion achetés, mais que la seule rubrique systématiquement oubliée reste celle des primes ? En République démocratique du Congo, les éducateurs, entraîneurs et personnels techniques des Léopards juniors semblent rayés des budgets de l’État.
Pourtant, le gouvernement finance la logistique. Des ministres successifs se passent le témoin, de l’ère de l’AFDL avec Vincent Mutomb Tshibal jusqu’à l’actuel mandat de Didier Budimbu, mais le traitement des encadrants reste inchangé .un mépris total de l’administration publique.
Le mal est profond et structurel. Il y a dix ans déjà, lors du tournoi U20 de la COSAFA en Zambie, la sélection emmenée par Jean-Claude Mukanya voyageait après une préparation précaire à Lubumbashi. À ce jour, les membres de cette délégation n’ont jamais touché leurs indemnités.
Plus récemment, lors du Championnat scolaire zonal à Kinshasa puis de la phase finale à Accra (Ghana), l’histoire s’est répétée. Malgré la mise à disposition de bus VIP et d’hôtels par le gouvernement, les primes de performance ont été totalement passées sous silence. Des membres de la LINAFJ, de la LINAFF et du ministère de l’Éducation nationale ont dû financer les équipes sur leurs propres deniers.
Le constat est identique pour les autres catégories.
Léopards U20 : Les primes du stage en Arabie saoudite et du quart de finale de la CAN en Égypte restent bloquées dans les tiroirs administratifs.
Léopards U15 : Malgré une razzia de trophées à Libreville et au Zimbabwe, aucune prime n’a été versée aux jeunes champions.
Léopards U17 : Qualifiés historiquement pour la CAN au Maroc dans des conditions médicales et financières précaires, ils attendent toujours leur dû.
Cette crise financière engendre désormais une crise de confiance institutionnelle. Autour de la catégorie U15, une méfiance s’est installée entre le ministère de l’Éducation nationale et la FECOFA, les deux institutions se rejetant mutuellement la responsabilité des fonds volatilisés.
Aujourd’hui, des centaines de professionnels éducateurs, médecins, encadreurs exigent des comptes. Le silence des autorités ne peut plus servir de politique. Les crédits alloués aux équipes d’âge sont-ils bloqués par la bureaucratie ou font-ils l’objet de détournements criminels ?
La jeunesse congolaise attend des réponses immédiates.
Par Zephyr Kaninda Mukanya
