Le football congolais s’enfonce un peu plus dans la crise. Dans une correspondance explosive consultée ce jour, Vidiye Tshimanga, président du FC Les Aigles du Congo, a officiellement répondu aux menaces de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA).
Loin de courber l’échine, le dirigeant sportif tape du poing sur la table, fustige des méthodes d’intimidation et brandit la menace d’un recours devant les instances internationales.
À l’origine de ce bras de fer, un refus répété de l’administration fédérale de communiquer des pièces essentielles au FC Les Aigles du Congo. Ces documents devaient permettre au club de défendre ses intérêts dans le cadre d’un litige particulièrement sensible lié au championnat national.Face au silence de la fédération, le club a envoyé plusieurs rappels. Une démarche managériale classique que la FECOFA a pourtant choisi de qualifier de l’harcèlement et d’intimidation.
« Qualifier de « harcèlement » ou d’intimidation un simple rappel visant à obtenir des informations indispensables […] est à la fois injustifié et déplacé », rétorque sèchement Vidiye Tshimanga dans sa lettre.
La tension est montée d’un cran lorsque la FECOFA a brandi l’arme de la relégation administrative, menaçant de suspendre l’affiliation des Aigles du Congo et d’engager des poursuites judiciaires personnelles contre son président pour diffamation .Cette réponse de l’organe exécutif de la fédération suscite une vive inquiétude chez le patron des Aigles, qui y voit une dérive dangereuse pour le sport roi en République Démocratique du Congo.
« Lorsqu’un club qui cherche à défendre ses droits […] se voit menacé par le président de sa propre fédération, il devient légitime de s’inquiéter sérieusement de l’avenir du football et de sa bonne gouvernance dans notre cher pays. »
Tout en feignant de croire à une réaction spontanée et à fleur de peau de la fédération qu’il se dit prêt à oublier, Vidiye Tshimanga pose ses conditions. Le ton est poli, mais le message est un avertissement sans frais.Si la FECOFA ou la LINAFOOT persistent à entraver l’accès à la justice du club ou à mettre leurs menaces à exécution, le dossier quittera immédiatement Kinshasa. Le club se réserve le droit d’activer toutes les voies de recours légales, ouvrant grand la porte à une saisine du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne.
Ce nouveau conflit expose une fois de plus les fractures systémiques et les problèmes de gouvernance qui rongent le football congolais dans les bureaux, alors même que les supporters réclament de la clarté et du spectacle sur la pelouse.
Djastro Mubemba