Alors que la Confédération Africaine de Football (CAF) a lancé son appel à candidatures pour l’organisation des Coupes d’Afrique des Nations 2028, 2032 et 2036, une question agite les débats en République Démocratique du Congo : le pays peut-il réellement se positionner pour accueillir la CAN 2028 ?
Une ambition portée par des signaux positifs
La RDC a récemment affiché des performances économiques et sportives encourageantes, notamment avec des revenus estimés à environ 23,5 millions de dollars issus de la Coupe du monde, selon les données communiquées par le ministère des Sports, bien que certains barèmes de la FIFA puissent varier.
Dans cette dynamique, plusieurs voix politiques et sportives estiment que ces ressources pourraient contribuer à un vaste programme de modernisation des infrastructures sportives nationales, en vue d’une candidature crédible à une future CAN 2028 ou 2032.
Un réseau de stades déjà existant mais à moderniser
La RDC dispose déjà d’un nombre important d’infrastructures sportives réparties sur le territoire :
Kinshasa
- Stade des Martyrs : 80 000 places
- Stade Tata Raphaël : 50 000 places
- Stade des 24 Novembre : 24 000 places
Lubumbashi : * Stade Kibasa Maliba : 35 000 places
- Stade TP Mazembe : 18 500 places
Mbuji-Mayi : Stade Kashala Bonzola : 23 000 places
Kindu : Stade Joseph Kabila : 22 000 places
Bukavu : Stade de la Concorde : 16 000 places
Goma : * Stade Virunga : 15 000 places
- Stade de l’Unité : 10 000 places
- Stade des Volcans : 5 000 places
Kisangani Stade Lumumba : 10 000 places
Mbandaka : Stade Bakusu : 10 000 places
Kananga : Stade des Jeunes : 10 000 places
Kolwezi : Stade Manika : 5 000 places
Stade Diur : 1 500 places
Cependant, la plupart de ces infrastructures nécessitent une réhabilitation profonde pour répondre aux standards de la CAF.
Les exigences strictes de la CAF
Pour organiser une CAN, la CAF impose un cahier des charges rigoureux :
6 stades homologués minimum
2 stades de plus de 40 000 places (ouverture et finale)
2 stades de 20 000 à 25 000 places
2 stades de 15 000 places minimum
- Entre 24 et 28 terrains d’entraînement
- Hôtels 5 étoiles dans chaque ville hôte
Accès à des infrastructures hospitalières de haut niveau
Routes et logistique de transport fluides entre les sites
Une RDC partiellement prête sur certains points
Le pays dispose déjà de plusieurs hôtels de standing international, notamment à Kinshasa et Lubumbashi :
- Hilton Kinshasa
- Fleuve Congo Hotel by Blazon Hotels
- Pullman Kinshasa Grand Hotel
- Kin Plaza Arjaan by Rotana
- Hotel Memling
- Grand Karavia (Lubumbashi)
Ces infrastructures constituent une base solide pour l’accueil des délégations.
Les défis majeurs : temps et infrastructures
Malgré ces atouts, une question centrale demeure : le temps.
En seulement deux ou quatre ans , organiser une CAN 2028 ou 2032 impliquerait :
- La réhabilitation rapide de plusieurs stades
- La construction de terrains d’entraînement modernes
- L’amélioration des routes interurbaines
- La modernisation des services hospitaliers autour des sites
- Une coordination logistique nationale sans faille
Même si des projets routiers sont déjà en cours et que certaines infrastructures peuvent être rénovées, le défi reste colossal.
Une solution intermédiaire : réhabiliter plutôt que reconstruire
Une option réaliste consisterait à :
- Réhabiliter les grands stades existants (Martyrs, Tata Raphaël, Kibasa Maliba, TP Mazembe…)
- Construire uniquement des stades municipaux dédiés aux entraînements
- Concentrer les matchs dans quelques grandes villes (Kinshasa, Lubumbashi, Mbuji-Mayi, Goma)
Cela permettrait de respecter les exigences minimales de la CAF tout en limitant les coûts et les délais.
Un impact national au-delà du sport
Au-delà du football, une CAN en RDC représenterait :
- Une accélération des infrastructures routières
- Un développement du tourisme sportif
- Une modernisation urbaine dans plusieurs villes
- Une meilleure organisation du championnat national (Linafoot, Ligue 2, EPFKIN) avec une utilisation multi-stades
Conclusion : une ambition possible, mais sous conditions
La RDC possède une base réelle pour accueillir une CAN, mais la réussite dépendrait d’une volonté politique forte, d’une exécution rapide et d’une discipline stricte dans la gestion des infrastructures.
La CAN 2028 semble ambitieuse, mais celle de 2032 pourrait être la bonne, peut-être même dans un délai plus réaliste. Mais une chose est certaine : avec une stratégie cohérente, la RDC pourrait sérieusement se positionner pour une future édition et transformer ce rêve en projet national structurant.
La Rédaction