L’Union des Footballeurs du Congo (UFC) a tenu son Assemblée Générale Ordinaire à Kinshasa, marquant une étape cruciale dans la restructuration du statut du joueur et le développement du football en République Démocratique du Congo.
Dans un contexte de renouveau pour le football national, marqué par le retour historique des Léopards sur la scène internationale, cette assise a réuni responsables fédéraux, représentants des ligues et acteurs clés du secteur autour d’un objectif commun : placer le bien-être et la protection du joueur au cœur de l’écosystème sportif.

Se fondant sur son ancrage au sein de la FIFPRO depuis 2009, l’UFC a présenté le bilan de son exercice fiscal et opérationnel. Soumise à des contrôles stricts et à des audits indépendants internationaux (notamment suisses et agréés par la FIFA et la FIFPRO), l’organisation a vu la gestion de ses activités et de ses effectifs validée et jugée satisfaisante.
Pour répondre pleinement aux standards internationaux d’ici les prochaines échéances réglementaires, plusieurs chantiers prioritaires ont été réaffirmés :
* Alignement juridique : Harmonisation des clauses de résiliation de contrat sur les articles 14 et 14 bis du statut du joueur.
* Garanties sociales : Encadrement strict des dates de paiement des salaires, prise en charge médicale, égalité des genres et protection de la maternité pour les joueuses.
* Protection des jeunes : Mise en place de garanties éducatives strictes pour les joueurs mineurs afin de lutter contre l’abandon scolaire et les dérives du recrutement précoce.
L’Assemblée Générale a mis un accent particulier sur le développement du football féminin en RDC. L’UFC s’engage à mener une auto-évaluation en concertation avec la Ligue Nationale de Football Féminin (Linaff) et le comité exécutif de la FECOFA pour jeter les bases d’un plan d’action conjoint. L’objectif immédiat reste l’élaboration de contrats types et d’une convention collective dédiée aux internationales et aux joueuses des championnats nationaux.
Sur le plan international, l’UFC s’est félicitée de l’accord historique signé entre la FIFA et la FIFPRO en juin 2026. Ce partenariat reconnaît désormais officiellement les syndicats de joueurs comme partenaires sociaux globaux. Il s’accompagne notamment d’un fonds de garantie de 20 millions de dollars (2026-2029) destiné à indemniser les joueurs victimes de salaires impayés à la suite de la faillite de leurs clubs.

Soutenant fermement le projet « CA 2030 », l’UFC a rappelé que la modernisation du football national ne pourra se faire sans un dialogue social sincère et permanent entre la fédération, les ligues, les clubs et les syndicats.
Parmi les défis majeurs à relever ensemble figurent :
1. La lutte contre la manipulation des matchs et la corruption.
2. L’encadrement juridique strict des contrats entre clubs et joueurs.
3. L’installation d’une Chambre Nationale de Résolution des Litiges indépendante.
4. Le déploiement effectif du système de régulation des transferts nationaux .
5. La protection contre toute forme d’exploitation ou de violence sur les athlètes.
« Le développement de notre football passe obligatoirement par le bien-être des joueurs. Quand nous aurons tous intégré cette donne, le train de la professionnalisation sera réellement lancé », a-t-il été rappelé en clôture des travaux par le président Dodo Landu.
En adoptant ces orientations pour la saison 2026, l’UFC réaffirme son rôle de pilier dans la construction d’un football congolais plus juste, plus équitable et résolument tourné vers l’avenir.
Jeje KUABI